Street Press – Violences en série, menaces de viol, racisme : enquête sur la police d’Argenteuil

 Article original.

Mis en ligne par ianB
 2/07/2020

Street Press – Violences en série, menaces de viol, racisme : enquête sur la police (...)

 Street Press – Violences en série, menaces de viol, racisme : enquête sur la police d’Argenteuil

Désarmons-les !
collectif contre les violences d’Etat

"Nous pensons que le combat contre l’institution policière et ses représentations est fondamental.

Il est fondamental, parce que les forces de l’ordre sont le bras armé de l’État et qu’à ce titre elles constituent une milice apolitique, chargée contre rémunération d’imposer par la force la domination de l’Administration (du Pouvoir) sur le peuple, et cela quelle que soit l’idéologie politique du Pouvoir en place.

La Police (et dans cette notion on inclut les forces militaires de la Gendarmerie et de l’Armée) est et a toujours été l’instrument de la coercition exercée par les élites sur le peuple, afin de le gérer et de le maintenir dans un état de soumission permanente. Ceci dans l’idée que le choix des élites ne peut souffrir la contestation du peuple : toute l’hypocrisie de la démocratie représentative est de faire croire que les choix des élites SONT les choix du peuple, par le truchement du vote, qui est censé valider le pouvoir et les décisions prises par ces élites.

Bien qu’elle lutte également contre le crime, la Police est essentiellement là pour gérer les conséquences de la misère sociale (délinquance) et empêcher le peuple de s’insurger (possibilité pourtant formulée hypocritement dans les premières ébauches du droit républicain, notamment dans l’article 35 de la Constitution de 1793, avant d’être abolie quelques mois plus tard). A ce titre, elle n’est en rien différente des forces armées d’ancien régime, qui protégeaient le pouvoir royal de la sédition.

Aujourd’hui et depuis la naissance du capitalisme d’État, la Police constitue plus que jamais le rempart entre les aspirations du peuple et les intérêts de la bourgeoisie. Avec la décolonisation et les crises cycliques du capitalisme, le mythe d’une Police en faveur de la paix sociale ne tient plus : la Police montre son vrai visage, celui d’une force brute au service du Pouvoir de celles et ceux qui ont l’argent.

Les violences à l’encontre du peuple sont quotidiennes, et les prérogatives de la Police en terme de surveillance et de contrôle des populations sont toujours plus étendues. Chaque loi pour la sécurité engendre de nouvelles entraves aux libertés individuelles et à la Liberté au sens large. Les forces de police se comportent en forces d’occupation et cette domination policière s’impose au peuple par la crainte qu’elle lui inspire.

Avec l’émergence des armes dites « non létales », et notamment le gaz lacrymogène, les flashballs et autres lanceurs de balles de défense, la Démocratie a renoué depuis un demi siècle avec les pratiques des forces armées d’ancien régime, en tirant sur la foule. Le seul et unique objectif étant de terroriser, d’en blesser quelques unEs pour faire peur à touTEs les autres.

Plus récemment, les méthodes proactives, la prévention des risques, l’utilisation des technologies de surveillance, le renseignement et les sanctions administratives appliquées sans l’intervention d’un juge (assignations à résidences, perquisitions, placements en rétention…), sont autant de déclinaisons d’une vision contre-insurrectionnelle du maintien de l’ordre héritée des guerres coloniales. L’État mène contre son peuple une guerre de basse intensité qui, avec les enjeux politiques contemporains et la mondialisation de l’information, peine de plus en plus à rester discrète. L’utilisation récente de l’état d’urgence, ultime instrument hérité du temps des colonies donne à voir une version radicalisée de la guerre de basse intensité que l’État mène habituellement contre ses ennemiEs intérieurEs.

L’État démocratique, comme avant lui la monarchie, tente par tous les moyens de maintenir son pouvoir, tantôt par la violence, tantôt par la ruse, sa Police ayant entre les mains une panoplie extrêmement étendue d’instruments. L’ensemble de ces moyens, mais également l’assurance décomplexée et les arguments « démocratiques » qui accompagnent leur utilisation, constitue l’armement d’une nouvelle forme de totalitarisme.

Si on veut la paix, on se doit de combattre cet armement, selon le vieil adage « Si tu veux la paix, prépare la guerre ».
Mais le combat, puisque nous ne sommes pas dans la lutte armée, doit d’abord prendre la forme d’une déconstruction morale de la Police. Celle-ci doit cesser d’être sanctifiée comme une force garante de notre sécurité, de nos libertés et de la paix sociale. Elle doit cesser d’être considérée, appréciée, applaudie, pardonnée pour ses violences, blanchie de ses crimes et protégée par le mensonge et les silences quand elle accomplit sous serment les basses œuvres du Pouvoir politique.

Elle doit être désarmée, au sens propre comme au sens figuré.
Nous sommes une poignée à avoir voulu donner un nom à notre combat. Nous avons commencé par réaliser une brochure d’information sur les armements du maintien de l’ordre, afin que chacunE sache ce qui pourrait un jour la/le blesser et puisse trouver les moyens de se prémunir de cette violence légale. Puis, de fil en aiguille, et après avoir rencontré ici ou là des personnes et collectifs luttant contre les violences policières et sécuritaires, nous avons voulu rendre cette lutte plus visible, contribuer à unir les volontés, et finalement constituer un collectif.
Le collectif s’appelle Désarmons-les !"

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